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Joseph MONJARET d'après Paul RIVIERE

Joseph MONJARET / dit Hervé, SIF W, Frit…
Français libre, radio et officier d’opérations de Jean MOULIN


D’après Paul RIVIERE (SIF bis, Marquis, Charles-Henri),
transcrit par son fils Claude Alexis.


Décédé dans sa Bretagne le 12 décembre 1995 à Pabu (Côtes-d'Armor), Joseph Monjaret est né le 24 août 1920 à Saint-Igeaux (Côtes-d'Armor alors Côtes-du-Nord). Répondant à l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, Joseph Monjaret gagne l’Angleterre par ses propres moyens le 19 juin sur un sloop. Il n’a pas encore vingt ans.

Il s’engage dans les Forces Françaises Libres le 1er juillet 1940 et intègre une unité de parachutistes en formation commandée par le commandant Berger, qui devint plus tard général. Il est avisé un an plus tard par le commandant Passy de son affectation au B.C.R.A. Muté, comme Raymond Fassin, à l’état-major particulier du général de Gaulle en juin 1941 pour préparer les missions clandestines en territoire occupé, il suit les stages de radio, sabotage, opérations d’atterrissage et de parachutage.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, Joseph Monjaret est parachuté « blind », c’est-à-dire sans équipe de réception au sol, d’un vieux bimoteur Armstrong-Whitley de la Royal Air Force, aux alentours de Fontvieille/Mouriès, avec Jean Moulin (REX, MAX) et Raymond Fassin (SIF), dont il était le radio sous le pseudo de SIF X, puis SIF W (W pour wireless transmission, autrement dit les messages par radio) .

Cette arrivée en France ne se passe pas sans problème, comme le montre ce câble de l’époque, parvenu à Londres… plus de deux mois plus tard :


Câble de SIF, du 07/03/42 :
Arrivée mouvementée 3 raisons.
1.- Avons été lâchés trop haut plus de 500 m, d’où grande dispersion au sol et difficulté de se retrouver dans terrain très coupé de haies.
2.- Lâchés trop tard, 3h30, d’où nécessité d’enterrer hâtivement équipement et poste : résultat 2 parachutes trouvés après 15 jours.
3.- Lâchés 15 km endroit prévu. Itinéraire et indications REX et BRUNO pas suivis du tout. Région marécageuse. REX failli se noyer a mis plus d’une heure pour se dégager. Avons du faire de jour et ensemble 25 km à pied.


A la suite de ces péripéties, les trois hommes décident, pour d’évidentes raisons de sécurité, de se séparer. Malheureusement, Monjaret est intercepté entre-temps par deux gendarmes et le temps qu’il perd à s’expliquer l’empêche de rejoindre ses camarades.

Il ne les retrouvera que le 23 janvier 1942, grâce au colonel Manhès - dont Jean Moulin lui avait donné l’adresse. Et ce n’est qu’au début de mars qu’il peut contacter le B.C.R.A., son poste de radio s’étant brisé au cours du parachutage. Installé à Orange (clocher de Caderousse, exactement), c’est de là qu’il assure pendant plusieurs mois tout le trafic radio, émission et réception, entre Jean Moulin et Raymond Fassin d’une part, et l’Angleterre d’autre part.

C’est à ce moment qu’il rencontre Paul Rivière pour la première fois, lors d’une liaison entre Lyon et Orange. Rivière était entre-temps devenu SIF BIS ( n° 2 de SIF) et portait à Monjaret les messages codés qu’il avait la charge de transmettre à Londres ; en même temps, il récupérait les messages reçus de Londres.

Epuisé par un travail constant, Joseph Monjaret sera relayé par cinq radios parachutés les mois suivants :

  • Gérard Brault (KIM W) le 15 avril 1942,
  • André Montaut (MEC W) le 28 mai 1943,
  • Maurice de Cheveigné (SALM W) le 30 mai 1942,
  • Jean Holley (LEO W) le 15 juin 1942,
  • Charles Briand (PAL W) en juillet 1942.

Cela lui permet d’aller se reposer pendant tout le mois de juin à Entraigues, dans l’Aveyron, chez Jannick Fassin, alors épouse de SIF. Sa fatigue et sa maigreur font peine à voir, rapporte Paul Rivière.

De juillet à septembre 1942, Monjaret reste en contact avec Jean Moulin, auprès duquel il remplit les fonctions de secrétaire particulier, en parallèle avec Daniel Cordier (BIP W), parachuté en juillet 1942 comme radio de Georges Bidault (BIP), mais que Jean Moulin s’est annexé.

En septembre 1942, REX confie à Monjaret le poste d’officier de liaison auprès du mouvement Franc-tireur. Cette organisation de résistance, dirigée par Jean-Pierre Lévy, n’avait pas de correspondant au B.C.R.A., tandis que « Combat » et « Libération » avaient les leurs, en la personne de Raymond FASSIN pour « Combat », depuis début janvier 1942, et de Paul Schmidt (KIM) pour « Libération », depuis le mois de juin 1942. Monjaret prend alors le pseudo d’HERVÉ pour la France et FRIT pour les relations avec Londres. C’est à partir de ce pseudo que se créa la lignée des « FRIT » qui constituait son état-major :

  • FRIT BIS : Henri Deschamps, dit Garnier.
  • FRIT A : Gilbert Mus, dit Marius.
  • FRIT B : Gérard Hennebert, dit La Poule ou Baron, Compagnon de la Libération.
  • FRIT W : Georges Denviollet, dit Geo.
  • FRIT Alpha : Yvonne Nisol, dite Annie.
  • FRIT E : Jean Millet.
  • FRIT G : Maillard, dit Fred.
  • FRIT (?) : Robert Dupuis, dit Bob.
  • FRIT (?) : Roger Grivelli, Compagnon de la Libération, abattu par la Gestapo.
  • FRIT (?) : Jean Andanson, dit Emile.
  • FRIT N : Lucie Ferlet.
  • FRIT L : Harold Rovella, dit Jeannot.
  • FRIT V : Soeur de Rovella, dite Line.
  • FRIT P : Roger Perrin, dit Patrick.

Sa mission consiste, dans ses grandes lignes, à assurer une liaison permanente entre le B.C.R.A. et le mouvement « Franc-tireur ». Pour cela, il lui faut prendre contact avec le Comité directeur du mouvement afin d’étudier ses besoins et ses possibilités d’action, organiser des parachutages et des atterrissages et enfin constituer des équipes d’action immédiate.

Parmi les parachutages qu’il organise, on peut en citer deux qui eurent lieu près de Roanne : le premier, le 22 novembre 1942, sur le terrain « Banane », permit l’arrivée de deux agents, FRIT A et FRIT W. Le second, dans la nuit du 23 mars 1943, sur le terrain « Poire », vit arriver PAPE) (Pierre Rateau), son propre successeur, et LUC (Bruno Larat), successeur de SIF.

Parmi les actions de sabotage, une des plus marquantes fut la destruction de l’usine France-Rayonne à Roanne, réalisée par FRIT A et FRIT B dans la nuit du 25 au 26 décembre 1942. Elle fut accomplie sans pertes et permit de ralentir notablement et pendant plusieurs mois l’activité de cette fabrique de fulmicoton, très utile aux Allemands, notamment pour les parachutes.

Il faut noter que la bonne organisation de l’ensemble de ces opérations a permis d’éviter des représailles contre la population de la part des Allemands.

En janvier 1943, au moment de la fusion des trois grands mouvements de résistance, Monjaret part pour Toulouse, où il prend la responsabilité de toutes les opérations pour les régions de Montpellier et Toulouse, tout en achevant la liquidation de ses précédents services.

Il se savait recherché par la police allemande et, après deux alertes graves, il finit par tomber, le dimanche 4 avril 1943, dans un traquenard tendu par la Gestapo, à Lyon. Après plusieurs semaines de prison, entrecoupées d’interrogatoires musclés qui n’ont pu lui arracher le moindre renseignement, malgré les évidences qui pesaient sur lui, il est envoyé à Fresnes, puis en Allemagne, le 21 Septembre 1943. Ayant transité par Sarrebrück puis Mauthausen, il aboutit enfin dans un camp satellite de travail à Vienne.

Il sera rapatrié en France le 4 mai 1945.

Le 28 septembre 1969, Joseph Monjaret participera, aux côtés de Bernard Bermond, à l’inauguration du Mémorial Jean-Moulin de Salon-de-Provence par Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre.

Ayant travaillé pendant neuf mois avec Joseph Monjaret - qu’il ne connaissait à l’époque que sous le nom d’Hervé -, Paul Rivière a pu témoigner de son enthousiasme et de son patriotisme pendant toute son activité de Résistance - qui a débuté dès le premier jour, lorsqu’il a entendu l’appel du général de Gaulle. Ses camarades ont parfois craint pour sa sécurité lorsqu’il prenait certaines initiatives un peu hardies, mais il s’est avéré que sa foi en la Victoire lui a permis de traverser les plus dures épreuves et de contribuer largement à la libération de son pays.




Date de création : 16/08/2013 - 14:01
Dernière modification : 10/11/2013 - 19:40
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par Frederic le 17/11/2013 - 16:04

FRIT (?), est toujours en vie. Il a aujourd'hui 92 ans et vit dans les Ardennes à Charleville-Mézières.

L'ouvrage de sa vie de résistant vient de paraître sous le titre "Clandestin: Mémoires de Robert Dupuis, dit " Bob ", alias Arthur 9, Bernard Lièvre, Bernard Gendre, John Drew, Pharaon, Constant, Rémy" écrit par Philippe Lecler. ISBN-10: 1493578804, ISBN-13: 978-1493578801
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Réaction n°1 

par Annie le 10/11/2013 - 14:46

FRIT Alfa dite Annie puis sous le nom de Michèle après l'arrestation de Monjaret à Lyon chez Mlle Ferlet a été affectée à Toulouse jusqu'à la fin de la guerre sous les ordres de Roland .Yvonne Nisol est toujours en vie et habite saint cyr sur mer.
 
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